Merci Jean Santos !

Jean SANTOS est décédé le 19 août à 54 ans, la faute à une maladie invasive et tenace qu’il a combattu avec détermination au point d’en repousser les effets le plus longtemps possible. Mais, depuis maintenant quelques semaines, une attaque sournoise de la maladie a rebattu les cartes, et sa famille et ses proches s’étaient résignés au pire.

L’ESA Brive perd l’un des siens et comme l’exprimait avec talent Brassens : « Cent ans après, coquin de sort, il manquait encore ». C’est que chez les Santos, il coule du sang jaune et bleu depuis que la famille, d’origine lusitanienne est installée à Brive. C’est Luis l’aîné, disparu prématurément à 40 ans après une carrière quasi exclusive à l’ESAB et joueur de haut-niveau des années Coinçon et Jenni (D3) qui a entraîné dans son sillage Jean et le benjamin de la famille Albert.

Jean est né le 25 mai 1966 à Sabugal (Portugal) et il est arrivé en France à l’âge de 1 an, ses parents fuyant la dictature de Salazar. Le stade Le Clère sera son terrain de jeu et il va y creuser son sillon pendant quelque 23 ans. Ses coéquipiers successifs pourront témoigner de son talent et de sa capacité de résilience pour employer un mot actuel. Après avoir traversé toutes les catégories, il s’est imposé en équipe première jusqu’à connaître le championnat national sous la direction de J.C. Giuntini et même sentir l’odeur de la D2 sans une saison 1994-95 palpitante. Milieu de terrain actif et technique, Jean aimait le jeu bien ciselé. Fidèle parmi les fidèles, il connaîtra la descente en N2, non sans marquer à jamais l’histoire du club. En effet, l’ESAB prend congé du stade Leclère en décembre 1995 pour son nouvel écrin, le stade Pestourie et c’est Jean qui y marque le premier but, le 20 janvier 1996 en ouvrant le score face à Besançon (victoire 3-0).

Résilience disions-nous ? Début 1993, Jean subissait la pire blessure du footballeur, une rupture des ligaments du genou, le contraignant à une convalescence et une rééducation de quelque 14 mois. Après la compassion initiale exprimée par joueurs et dirigeants, seuls quelques amis réduisent l’isolement. Beaucoup auraient douté, mais Jean s’est reconstruit patiemment et méthodiquement un statut de joueur compétitif comme ce qui précède l’indique.

Pour conclure sur Jean le footballeur, il nous vient à l’esprit ce 32ème de coupe de France au stadium contre les Girondins de Bordeaux de Micoud et Papin. L’ESAB est en N2, et ce bon parcours dans la coupe nationale va contribuer à restaurer des finances en déliquescence. Jean est capitaine d’une équipe qui va séduire les 11.000 spectateurs, éblouis par une résistance imprévue (défaite 1-3 après prolongations). Luis et son complice Didier Faurel sont les entraîneurs de cette belle soirée qui est un peu celle des Santos.

Avec le foot, dont il arrête la pratique à 31 ans et sa famille, c’est dans le travail que Jean s’est trouvé de nouvelles perspectives et dans le secteur paramédical dans lequel il est rentré par la petite porte avant d’y tracer son chemin. Le livreur du début deviendra très vite un cadre commercial dans un secteur prospère. 

Sportif invétéré, il va se lancer de nouveaux défis et la course à pied devenir son credo, mais pas n’importe quelle course : le marathon (un peu plus de 42 kms quand même). Il en fera quelques-uns. 

Famille,  Sport, Travail, cette trilogie va devenir tétralogie quand Jean accepte en 2014 de se lancer en politique aux côtés de l’actuel maire Frédéric Soulier et servir les brivistes dans le domaine qu’il connaît le mieux, les sports, pour lesquels il devient maire-adjoint. Il apprend vite, sais être attentif à tous les sports et les sportifs de Brive mais ne manque pas une occasion de se rendre à Pestourie où il est chez-lui. Au terme d’un premier mandat abouti, il se déclare à la presse « s’être enrichi humainement et être épaté par l’investissement des bénévoles ». Il a logiquement été réélu pour un nouveau mandat en mars dernier. Il appartiendra à d’autres de mener à bien les missions que Jean avait inscrites dans ses objectifs.

Jean SANTOS tire sa révérence dans une période inédite et anxiogène mais dans laquelle la lueur de l’Etoile est intacte, et les ailes de ses Aiglons en mouvement, cent ans après sa naissance.

A nous tous d’avoir une pensée pour Jean, aujourd’hui bien sûr, mais aussi de temps en temps, son «immortalité » en dépend.

Tous les étoilistes s’associent à l’ESA Brive pour présenter à Anne Santos, son épouse, Camille et Margaux ses enfants et toute sa famille leurs sincères condoléances.

Archive ESAB – Etoile Info n°11

Texte: Manuel Hermida

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